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Les tranchées dans la Somme
A partir du 4 décembre, le régiment fournit en permanence aux tranchées, vers Fricourt, un détachement de 200 hommes et la section de mitrailleuses du lieutenant Lacroix. Le régiment occupera successivement les tranchées devant Fricourt, Bécourt, Thiepval. Prennent part à ce service : les cavaliers du régiment, un groupe à pied commandé par le capitaine Franc, formé de cavaliers venus sans chevaux du dépôt, et un détachement de 40 cyclistes sous le commandement du lieutenant de La Poype.
Le 28 mars, le général en chef ayant fait appel aux cadres de la cavalerie pour passer dans l’infanterie, le 2e chasseurs fournit dans les dix mois qui suivent 70 officiers et sous-officiers pour commander des sections et des demi-sections.
L’un des premiers, le lieutenant Léon, vrai type de soldat amoureux d’aventures et de gloire était au moment de la guerre au Mexique où, chef de bande, il soutenait la guérilla contre les pillards révolutionnaires. Peu après son arrivée au front, le régiment prenait le service des tranchées et le lieutenant Léon s’y faisait remarquer par son sang-froid et son audace. Quand l’infanterie fit appel à la cavalerie pour combler les vides de ses cadres subalternes, le lieutenant Léon se présenta et demanda les zouaves. Quelques jours après, il était tué à la tête de sa compagnie qu’il entraînait à l’assaut de la ferme Quennevières avec son énergie coutumière.
C’était un brave.
Le 2e chasseurs fournit, en outre, de nombreux pilotes et des officiers d’artillerie.
La longue liste des citations conquises pendant le séjour du 2e chasseurs dans les tranchées de la Somme met en relief l’admirable moral de ce brave régiment. Mis à l’épreuve d’une guerre si nouvelle malgré son inexpérience, l’ingratitude de sa tâche journalière, l’insuffisance de l’armement et du matériel, la rigueur de la saison, les chasseurs du 2e n’ont cessé de donner l’exemple de la bravoure et de la discipline.
L’infanterie qu’ils ont coudoyée dans la tranchée leur a rendu un fraternel hommage d’admiration. Cependant ils n’ont pas perdu l’esprit cavalier, il le prouveront bientôt en Champagne.
Le 18 août, le régiment quitte la Somme pour la Champagne