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Historique du 239ème Régiment d'Infanterie

HISTORIQUE

JMO

BATAILLES

Verdun

« Le 239e joua lui aussi son rôle dans la fameuse bataille du 23 juin 1916. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici quelques notes du Capitaine Thomas, ancien adjudant- major au 6e Bon donnant ainsi une idée des misères que dut supporter cette belle unité.

 

Le 22 juin 1916, les 21e et 22e compagnies et 2e S.M. du 6e Bon après avoir été relevées à Fleury par le 5e Bon,, se trouvaient en réserve à Verdun, sous les ordres du Cdt Regard.

 

Les 23e, 24e Cies et 2e S.M. en deuxième ligne, au Petit Bois Fleury, sous les ordres du Capitaine Adjt-major Thomas. Depuis trois jours, les Allemands bombardaient sans arrêt les positions.

 

 Le 22 juin au soir, l'ennemi commence une formidable émission par obus de gaz asphyxiants, pendant 7 heures.

 

Vers minuit, les deux Cies au Bois Fleury furent alertées pour se porter au S. du village de Fleury avec mission de se tenir dans la poudrière à la disposition du commandement. Dans une atmosphère irrespirable de chlore et de poudre, aveugles sous le masque, nos soldats ont des difficultés pour accomplir leur mission.

 

La Poudrière, étant occupée par de nombreux blessés et par une C. M. du 39e, les éléments du 239e durent rester dehors.

 

L'air dans les bas-fonds était absolument irrespirable et les 21e et 22e Cies, reçurent, vers 3 heures du matin, l'ordre de regagner le Bois Fleury.

 

A peine les deux Cies avaient-elles regagné leurs emplacements qu'un courrier apportait l'ordre ci-dessous du Chef de Corps Despierre pour exécution immédiate :

 

 « Vos deux Cies vont se porter immédiatement à Fleury, position intermédiaire à la hauteur de la 17e (poste de secours) avec deux S. M. ».

 

Il faut refaire le chemin parcouru quelques instants auparavant... Les hommes sont brisés de fatigue.

 

Un avion allemand survole le déplacement des deux Cies, l’artillerie allemande déclanche sur elles un tir de barrage. Il existe bien un boyau, mais il est comblé de blessés, et cependant, il faut avancer coûte que coûte. Les Cies, en colonne par un, avancent péniblement à travers un chaos indescriptible.

 

Il faut plus d’une heure pour parcourir le kilomètre qui sépare le Bois Fleury du poste de commandement de la brigade. Les Cies ont perdu la moitié de leur faible effectif.

 

Le Capitaine adjt -major Cdt les deux Cies va trouver le Colonel Despierres à son P. C., au Sud de Fleury, qui lui précise la situation sans pouvoir donner des nouvelles des unîtés de première ligne.

 

Les 18e et 20e  Cies qui étaient en avant de Fleury eurent à peine le temps de voir les masses grises d'attaque déferler sur leurs lignes. Elles furent submergées, anéanties, soufflées. Nul n'en revint.

 

La 19e Cie, qui était en échelon, livra une lutte acharnée et tout entra en action.

 

La 17e Cie (Capitaine Hans), ayant pu péniblement exécuter l'ordre qui lui avait été donné à 7 h. 30 du matin, arrêta l'ennemi à la sortie de Fleury, avec quelques survivants.

 

Le Capitaine adjudant major donne ordre à la 23e Cie de se porter à l’E. de Fleury, sa gauche en liaison avec les éléments du Capitaine Hanss, et de rechercher à sa droite la liaison avec le 405e R.I.

 

La 24e Cie se portera a l'O. de Fleury, sa droite en liaison avec la 17e sa gauche avec ce qui reste du 39e R. I.

 

Le 24e exécute le mouvement prescrit et son chef, le Capitaine Breton, est tué d'un coup de feu à la tête tire à bout portant par un allemand dissimulé dans un trou d'obus. Le Capitaine Hans tombe à son tour, face à l’ennemi vers 10 heures, au moment même où deux faibles compagnies arrivent pour appuyer la résistance. Dans l’après-midi, deux autres compagnies, demeurées en réserve à Verdun, arrivent à leur tour avec le Commandant Regard. A partir de ce moment, l'attaque allemande est stoppée.

 

L'ennemi, après de très durs combats, a atteint la chapelle Sainte-Fine, au N. du fort de Souville. Cet endroit marque avec Froideterre l’extrême pointe de l'avance allemande.

 

Le 239e a, lui aussi, contribué, avec les unités voisines, à sauver Verdun en arrêtant de façon absolue la ruée des hordes allemandes sur Fleury. Le 239e avait ordre de tenir, il a tenu ».

TEMOIGNAGES

 

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