Vous faites votre généalogie, retrouver leur parcours de vie pendant les guerres, à travers leur métiers, etc...
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HISTORIQUE
JMO
BATAILLES
Carnet du sergent François Deschamps :
« 1er août 1914 : au soir, après avoir été dans l'attente tout l'après-midi, à 6 heures, les tambours et clairons parcouraient les rues de Mâcon en sonnant la « général ». Aussitôt, nous sautons sur notre fourbi en une heure, tout était au magasin (car tout était déjà prêt à l'avance) et nous étions en tenue de campagne. Le soir, le quartier fut consigné. Le lendemain 2 août (dimanche), on nous emmène à l'école de Puthod où nous avons attendu le départ. Quel départ ! Triste soirée.
5 août : à 4 heures, nous partons. Direction le quai Sud. Là, la musique joue la Marseillaise, tout le monde crie « Vive la France ! », nous avons été couverts de fleurs, nous partions contents. »
« Nous partons le 18 à 9 heures, nous traversons la frontière à 10 heures et demie l'arme sur l'épaule, à droite et à gauche de la route ce n'était que des tranchées Boches abandonnées, nous avions le cœur en joie. Là commence notre misère, marches pénibles, mauvaise nourriture etc.. Le 18 au soir nous bivouaquons à Heming (Lorraine). Le lendemain matin, de bonne heure, nous partons, nous marchons encore pas mal avant de faire le jus, ce malheureux jus n'était pas bu, que les marmites nous rappliquaient sur le dos. Il fallut nous replier un peu jusqu'au canal de la Marne au Rhin. »
20 août : « Nous arrivons près d'un bois, la fusillade était terrible, c'est là qu'on nous apprend que nous devons nous battre, on était avec le 56e. Enfin le Capitaine fait distribuer les cartouches et nous partons à travers des chemins de bois affreux, il avait fait un orage les jours avant, on était dans la boue jusqu'au genou. Au bout d'une heure nous arrivons à la lisière du bois, où nous apercevons une ferme occupée par les Boches. On nous donne l'ordre de la prendre d'assaut. Le Capitaine commande 'Ligne de section ! Par 4 ! En avant !' nous partons 'baïonnette au canon' et quelle surprise, en arrivant à la ferme, plus de Boches, ils étaient partis, mais pas trop loin, on fait encore 1 kil et nous les avons trouvés dans un champ d'avoine, là c'était au plus malin.
Ils nous ont reçu par un feu, on aurait dit la grêle, nous essayions de résister à peu près une heure, mais les marmites tombaient dru, il fallut reculer...»
« Le 24 nous restons à Damas jusqu'à 6 heures et nous partons pour cette fameuse journée de Rozelieures, nous reprenons l'offensive à 9 h du matin après avoir passé la nuit à la belle étoile, nous attaquons sous une pluie de balles et d'obus et il fallut prendre le village à la baïonnette. Ce fut une terrible mêlée, ma section ne se trouvait pas dans cette mêlée, nous étions un peu en arrière.
Et ce fut encore la retraite pour le 134 et le 210, nous avons été remplacés par les Chasseurs qui ont sorti les Boches du village, et nous, nous sommes rentrés le soir à Damas, mais il y avait malheureusement des manquants, et c'est de là que nous avons reçu le premier dépôt, il en est venu 1 000 qui ne suffisaient pas à combler les vides de 2 jours de combats.
Après la retraite de Rozelieures nous nous sommes retirés à Saint-Rémy-au-Bois ou était le poste de secours. Ce n'était qu'une procession de blessés sur la route et de là nous sommes rentrés à Damas-aux-Bois où nous avons couché. »
CITATIONS
Le régiment du maconnais en 1914 dans la bataille de Lorraine - N° 8/9 JUIN 2004 - Société d'études maconnaises par Georges BERTHOUD et Albert KRISVOPISSKO