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Les trois bataillons qui constitueront le 9e zouaves débarquent à Cette, au commencement de septembre 1914, à la veille de la Victoire de la Marne. Ils forment aussitôt un régiment de marche qui se constitue dans la région de Bordeaux, à Caudéran, en septembre 1914 avec trois bataillons de zouaves venus du Maroc.
Il est composé d'environ 60 officiers, 157 Sous-officiers et 2400 hommes
Il est appelé Régiment de marche de la 3e brigade du Maroc (Cl Cherier), à la 6e Armée, 13e CA.
Le régiment est commandé par le le Lieutenant Niessel puis par le Cdt Cazenove (Chef de Bataillon du 1er Bton du 4e Zouaves) :
· 1er Bataillon du 4e Zouaves : Cpe Arnaud
· 2e Bataillon du 1e Zouaves : Cdt Mingasson (+25/9/15)
· 3e Bataillon du 1e Zouaves : Cdt Bastien (+26/4/15)
A partir du 17 septembre 1914, la brigade est détachée à la 37e DI.
Le régiment devient ensuite le 9e Régiment de marche de Zouaves
Le 14 avril 1915, la brigade est passée à la 153e DI et y reste jusque la fin de la guerre.
Les chefs de corps
Lt-Cl Niessel
Cdt Cazenove
Lt-Cl Mingasson (+25/9/1915)
Cl Couranjou
Lt-Cl Joulia (+28/2/1916)
Lt-Cl Fouchard
Lt-Cl Gross
De Marsay
Cl Rozet
1914
Rassemblé le 15/9 à Clermont (Oise)
Dès le 16 septembre, le régiment prend le contact avec l'ennemi et débute brillamment dans la gloire en s'emparant de Carlepont qu'il a pour mission d’enlever mais subira de lourdes pertes : 160 tués dont 7 officiers, 360 blessés dont 12 officiers.
Bientôt le front se stabilise et la guerre de tranchées commence; le nouveau régiment s'installe sur le front Bailly-Quennevières; le 1er novembre il élargit ses positions en prenant de haute lutte la ferme de Quennevières et passe tout l'hiver à organiser solidement le secteur. Le régiment restera au front dans ce secteur du 20 septembre au 17 avril 1915.
1915
Il est relevé de cette région au printemps 1915 pour se rendre dans les Flandres (Westweteren) avec la 153e division à laquelle il va désormais appartenir.
C'est alors que se déclenche l'offensive allemande du 18 avril dite la Bataille des Gaz . Le régiment est aussitôt engagé dans le combat. Il s'agit de tenir coûte que coûte et de maintenir l'intégrité du front. Les zouaves font preuve d'une persévérance et d'un entrain héroïques. Passant à la contre-attaque ils enlèvent, avec une énergie farouche et par une lutte pied à pied qui dure plus de 16 jours, les points d'appui fortifiés que l'ennemi a réussi à installer à l'Ouest du canal de l'Yser, et le rejettent définitivement sur la rive orientale en lui infligeant des pertes sévères.
Il mène des opérations en Belgique, à l'écluse de Hetsas le 26 avril, dont il devait conquérir la tête de pont. Il obtient là sa première citation.
Le 3e bataillon du 1er zouaves Bastien attaqua à la baïonnette, son chef fut tué, avec trois de ses capitaines. Mal préparée, l'attaque sera un échec mais fut reprise le 27 avril et réussit.
Le 30, un autre bataillon attaquait au nord de l’écluse.
Le 1er juin, le 9e zouave est relevé
Le 24 août, près de Saint-Nicolas-de-Port, au cours d'une revue passée par le président de la République et par le roi des Belges, le 9e zouaves reçut son drapeau.
En septembre, il participait à l'offensive de Champagne, vers Maison-de-Champagne, cote 185, avec pour objectif Ripont et la Dormoise.
Le 25 septembre 1915, les armées françaises prenant l'offensive sur les fronts d'Artois et de Champagne, le 9e zouaves attaque devant Maisons-de-Champagne et livre, le 26 et les jours suivants, des combats locaux très meurtriers (cote 185, objectif Ripont et La Dormoise). Après trois jours d'un repos bien gagné, il se porte de nouveau, le 6 octobre au matin, à l'assaut de l'ouvrage de la Défaite et réussit, au prix d'efforts inouïs, à l'occuper un moment en entier. Les vagues d'assaut subirent de lourdes pertes et se replièrent.
Le front, hélas! ne peut être rompu et la victoire de Champagne, quoique glorieuse, ne produit pas le résultat escompté: la percée.
Le 6 octobre, le 9e lance une lance une attaque sur l'ouvrage de la Défaite et enlève les lignes ennemies. Il sera alors l'objet de nombreuses contre-attaques et le régiment perdra un tiers de l'effectif, dont 350 prisonniers.
1916
Les Allemands, confiants dans leur force et dans leur nombre, vont avec une armée innombrable, véritable mitraille humaine , tenter de réaliser à leur profit la rupture du front français; et c'est l'offensive du 21 février 1916 à Verdun.
Le 9e zouaves est immédiatement appelé au point menacé dans les secteurs de la côte du Poivre, au bois de la Caillette, devant le fort de Douaumont et tiendra le secteur pendant 11 jours sans relève et sans jamais reculer (1er et 3e bataillon) tandis que le 2e bataillon se couvre de gloire au Bois du Chaufour. e 9e zouaves subit sans perdre un pouce de terrain les assauts les plus furieux et repousse toutes les offensives par des contre-attaques irrésistibles. Cette ténacité, cette endurance, cet entrain que rien n'abat, valent aux régiments de la 153e division une citation à l'ordre de l'armée. C'est pour le 9e zouaves sa seconde citation.
Le 10 juillet, il est dans la Somme à l'est de Maricourt.
Le 12 août, il prend la partie sud du village de Maurepas et le 18 août, la partie nord. Il attaque le 20 avec pour objectifs la halte de Maurepas, le bois Sabot et le terrain au sud d'Hardecourt.
Le 12 novembre, le régiment est envoyé dans le secteur de Saillisel et subit le 15 une massive attaque ennemie, perd la tranchée de Reuss. Ses pertes sont importantes : 24 officiers tués, blessés ou disparus, 110 zouaves tués, 290 blessés, 676 disparus...
1917
A l'attaque du 16 avril1917, le 9e zouaves est au Chemin des Dames. D'abord réserve de division, le régiment est bientôt engagé à Vendresse et au Ravin du Paradis pour couvrir la division sur sa gauche. Il tient le Chemin des Dames à l'Arbre de Cerny et repousse tous les assauts de l'ennemi jusqu'au 6 juin ; il perdra 150 hommes tués et 550 blessés.
1918
En début d'année et jusque mars, le régiment est à Verdun et tient des secteurs au Bois-le-Chaume et les Chambrettes, secteur des plus délicats à tenir, car en même temps il faut lutter contre le mauvais temps et faire bonne garde autour de la cote 153. Pendant cette dure période du 21 au 25 mars, les bataillons s'emploient sans relâche à reconstruire chaque nuit les tranchées et boyaux comblés par le bombardement ou la pluie; chaque jour, ils doivent repousser les coups de main qui se succèdent et tenir dans un terrain bouleversé et imprégné d'ypérite.
Le 14 juin, la 153e DI prend ses positions sur les plateaux à l'ouest de Coeuvres ; le régiment remplace le 273e RI dans les secteurs des fermes Liverseau et du Murger et s'empare du village (3e citation) en faisant une centaine de prisonniers du régiment bavarois 22. Au cours des journées suivantes, le régiment organise le secteur et prépare le terrain en vue des opérations futures.
Le 28 juin, appuyé par des chars Renault, la 153e DI attaque les plateaux à l'Est de Coeuvres (plateau de Cutry). Les zouaves, au centre, doivent s'emparer des organisations des Trois Peupliers. A 5h5, les deux bataillons en ligne, collant au barrage, faisant preuve d'un entrain superbe, enlèvent leurs objectifs à travers un terrain difficile, parsemé de défenses accessoires. malgré les feux de nombreuses mitrailleuses organisées en nids. En moins de deux heures ils gagnent 1.500 mètres de terrain, font 203 prisonniers, capturent un nombreux matériel, 31 mitrailleuses, plusieurs minen et deux canons.
Le 18 juillet, le régiment participe à la grande offensive générale qui doit arrêter définitivement les Allemands. A 4h35 les zouaves s’élancent avec leur coutumière ardeur au milieu du barrage extrêmement nourri: le terrain est très difficile à parcourir en raison des moissons qui cachent les mitrailleuses ennemies et des défenses accessoires qui entravent la marche. Les nids de résistance tombent les uns après les autres; les prisonniers affluent par centaines; les batteries adverses, bientôt dépassées, sont réduites au silence et à midi, les zouaves abordent les pentes Est du Ravin de Saconin. A ce moment, la lutte devient plus difficile; les hommes sont essoufflés; l'ennemi qui a regroupé de nombreuses mitrailleuses arrête la progression des zouaves. La lutte reprend opiniâtre au cours de l'après-midi et les jours suivants. A d’autres maintenant l'honneur de continuer l'œuvre si bien commencée.
Le 8 août, il attaque Hangest-en-Santerre. Dans la matinée du 9, il s'empare de haute lutte de ce village.(5e citation).
Le 10, la progression est reprise et, malgré des feux très nourris, toutes les résistances ennemies sont brisées; le village d'Erches tombe à son tour au pouvoir des zouaves et le front se fixe devant Villers-les-Roye. Les prises du régiment sont importantes 300 prisonniers, 12 canons, une trentaine de mitrailleuses et un nombreux matériel.
L'ennemi battu sur tout le front se retire en ordre; le 9e zouaves va contribuer à transformer ce repli méthodique en une fuite rapide et désordonnée.
Le 30 septembre, le régiment attaque à l'Ouest de Romain. Le départ est gêné par l'obscurité et les tirs de mitrailleuses dévoilées au dernier moment; mais quand le jour vient, les zouaves manoeuvrent hardiment les nids de mitrailleuses, brisent toutes les résistances et reprennent la marche en avant. Ils s'emparent du village de Romain qu'ils dépassent; le 1er octobre, le village de Ventelay est occupé; le 2 octobre le village de Guyencourt, le massif du Grand-Berriaux et la Petite Montagne sont dépassés (ferme de Moscou, la Chapelle St Rigobert); le 3, a 11 heures, les compagnies de tête bordent le canal de l'Aisne. Le 5 le canal est franchi au pied de la cote 108; le 6, une compagnie enlève par infiltration la cote 108, tandis qu'une autre compagnie tente la traversée du canal à l'aide de sacs Habert.
Cette opération réussit parfaitement malgré toutes les difficultés qu'elle offre; elle permet le passage de groupes qui s'élancent sur les passerelles jetées sur l'Aisne et repoussent les Allemands de la rive Nord en établissant une tête de pont.
Le 7, une compagnie franchit le canal de l'Aisne sur des passerelles, surprend l'ennemi dans Berry-au-Bac, refoule ou capture les occupants; cette heureuse manoeuvre permet l'élargissement de la tête de pont. Les jours suivants sont employés à l'organisation des positions conquises et quand, le 9 octobre, le régiment est relevé du secteur de Berry-au-Bac, c'est pour se rendre presque aussitôt dans la région de Renansart et pour attaquer le 21 les tranchées de Fay-le-Noyer et la cote 129. En quatre jours d'efforts, toute la ligne adverse tombe. Décidément, partout où les zouaves se présentent, la victoire est certaine. Grâce à ces derniers efforts, le régiment obtient sa sixième citation à l'ordre de l'armée.
Son emblème un tigre coiffé de la chéchia et qui montre les crocs.
Citations du régiment:
Ordre du 21 mai 1915.
La 3e brigade du Maroc (9e régiment de marche de zouaves et 1 régiment mixte de zouaves et tirailleurs.
N’a cessé de se distinguer depuis le début de la campagne. Vient, sous les ordres du général Cherrier et des lieutenants-colonels Mingasson et Cazenove, de faire preuve d'une persévérance et d'un entrain héroïques, en enlevant à l'ennemi, par une lutte pied à pied qui a duré plus de seize jours, tous les points d’appui fortifiés qu'il tenait à l'Ouest du Canal de l’Yser, le rejetant définitivement sur la rive orientale, lui infligeant d'énormes pertes et lui faisant de nombreux prisonniers.
Ordre du 24 mars 1916 (compris dans la citation de la 153e division d'infanterie.
Après avoir montré, sous les ordres du général Deligny un esprit d'offensive très remarquable les 24, 25 et 26 février 1916, a fait preuve, les jours suivant d'une ténacité, d’une endurance, d'un entrain, d'une volonté de ne rien céder a l'ennemi, au-dessus de tout éloge. A tenu, pendant onze jours consécutifs, nuit et jour en terrain découvert, sans relève possible, sous un effroyable bombardement de tous calibres, un secteur dont elle n'a pas perdu un pouce de terrain et dont elle ne sortait que pour tenter des contre-attaques en vue d’arrêter l’offensive ennemie.
Décision du GQG du 13 août 1918.
Après avoir, le 15 juin 1918, rétabli une situation précaire en s’emparant d’un très gros village, a mené, le 28 du même mois, sous les ordres du Lieutenant-Colonel Gross et avec une joyeuse ardeur, une attaque pleine de fougue et entièrement réussie, réalisant 2 km de gain en profondeur, s'emparant des meilleurs observatoires ennemis, capturant plus de 200 prisonniers, de nombreuses mitrailleuses et d’un matériel considérable.
Décision du GQG du 23 septembre 1918.
Régiment d’élite, a, sous les ordres du chef de bataillon de Marsay, pris à la bataille du 18 au 21 juillet 1918 la part la plus glorieuse, réalisant une progression de 8 km, capturant plusieurs capturant plusieurs batteries, de nombreuses mitrailleuses, plusieurs centaines de prisonniers et infligeant à l’ennemi de fortes pertes.
Décision du GQG du 23 septembre 1918.
Encore tout frémissant de ses récents succès, oublieux de ses pertes et ne gardant de la bataille dont il sortait qu’un souvenir de gloire, le 9e régiment de marche de zouaves, sous le commandement du chef de bataillon de Marsay, se jette dans la mêlée avec sa coutumière ardeur. En trois jours, il repousse l’ennemi sur 20 kilomètres de profondeur, brisant les résistances, s'emparant de deux villages, capturant 200 prisonniers et un nombreux matériel, prenant ainsi la part la plus brillante à une grande victoire.
Ordre du 25 décembre 1918.
Régiment d'élite qui, sous l’énergique commandement du lieutenant-Colonel Rozet, a, du 20 septembre au 9 octobre 1918, montré d’exceptionnelles qualité de bravoure, d'endurance et d’audace, s’emparant dans les deux premières journées d'un village et de positions âprement défendues, poursuivant ensuite l’ennemi sans répit sur plus de 12 kilomètres, lui enlevant de vive force le passage d’une double ligne d’eau (large rivière et canal latéral) et d’un village dont il a pris ou tué les défenseurs pour assurer à l’armée la possession d’une tête de pont dont il a maintenu l’occupation malgré deux contre-attaques. A capturé pendant ces opérations plusieurs centaines de prisonniers et un important matériel.
Anonyme, Imp Orientale Fontana Frères
Alger, Rue Pelissier
A la mobilisation, le 9e Zouaves n'existait pas. Il fut constitué dans la région de Bordeaux.
Successivement trois bataillons de Zouaves venant du Maroc, débarquent à Bordeaux: 1er bataillon du 4e Régiment de Zouaves, commandé par le chef de bataillon Cazenove; 2e, et 3e bataillons du 1er Zouaves, commandés respectivement par les chefs de bataillon Mingasson et Bastien.
C'est à Caudéran que ces éléments furent organisés en régiment, pendant la période du 4 au 12 septembre. La nouvelle unité, sous les ordres du lieutenant-colonel Niessel, prit le nom de «Régiment de marche de Zouaves de la 3e brigade du Maroc» . Ils formaient, en effet, avec le 1er mixte de Zouaves et Tirailleurs, la 3e brigade du Maroc, commandée par le colonel Cherrier.
A l'effectif d'environ 60 officiers, 157 sous-officiers et 2400 hommes, le Régiment était prêt à entrer en campagne le 12 au soir. Le commandant Cazenove en avait pris le commandement le 10, par suite de l'hospitalisation du lieutenant-colonel Niessel, atteint de paludisme aigu.
Embarqué de Bordeaux le 13 septembre, le Régiment se trouvait rassemblé le 15 au matin à Clermont (Oise). Il recevait, à 10 heures, l'ordre de se porter sur Estrée-Saint-Denis, où il cantonnait le soir.
Le lendemain, toute la 3e Brigade du Maroc marchait sur Carlepont en réserve de la 6e Armée, l'avant-garde de la colonne sous le commandement du commandant Cazenove était constituée par les deux bataillons du 1er Zouaves (Mingasson et Bastien).
Au carrefour des Blémards (forêt de Laigue), la Brigade reçoit l'ordre d'attaquer Carlepont pour dégager la 37e DI. A 13h30, au débouché de Tracy-le-Val, le commandant Cazenave engage le bataillon Mingasson à cheval sur la route de Carlepont, deux compagnies en première ligne, deux en soutien.
L'ennemi est solidement installé dans ses tranchées. Très rapidement épuisé par le feu des Allemands, le bataillon entier se déploie et ne peut plus guère progresser. Il est soutenu par le bataillon Bastien, qui se déploie à sa gauche, puis par deux compagnies du 1er bataillon du 4e Zouaves (capitaine Arnaud).
Mitrailleuses et canons ennemis couvrent le terrain de projectiles, mais les pertes n'arrêtent pas les Zouaves. Vers 11 heures, un assaut général enlève les premières tranchées ennemies et à la suite des Allemands qui se replient, le Régiment pénètre dans la partie Sud de Carlepont et occupe les premières maison. Malgré les efforts et le feu ennemi, à la nuit, nous gardions toutes nos positions.
Le Régiment pouvait être fier de sa journée. Jetés sans aucune préparation dans la bataille, débutant dans la guerre par un assaut sur des positions redoutables, après une marche de 35 kilomètres, les Zouaves s'étaient montrés les égaux de leurs glorieux ancêtres. Le Régiment avait perdu 160 tués, dont 7 officiers, 360 blessés dont 12 officiers, baptême glorieux.
Au cours de la nuit, des patrouilles avant signalé l'évacuation de Carlepont par l'ennemi, tout le village est occupé au petit jour. Puis le Régiment reçoit l'ordre de continuer le mouvement et de s'emparer du Grand Maupas, Laigue, Mesdin et de se relier à droite à la 37e Division.
Le combat dura toute la journée, avec des alternatives d'avance et de recul : Finalement, à la nuit tombante, le Régiment était revenu à la lisière Nord de Carlepont. Cette journée nous avait encore coûté 40 tués dont 3 officiers et 180 blessés dont 3 officiers. Le lendemain, Carlepont était évacué.
Du 20 septembre au 17 avril 1915, le Régiment ne devait plus quitter cette région avec la 3e Brigade du Maroc ; il prit part à toutes les opérations des 73e et 74e Brigades sur Tracy-le-Val, Bailly, Quennevière, le bois Saint-Mard, le bois du Quesnoy.
Successivement sous les ordres du lieutenant-colonel Niessel, puis du lieutenant-colonel Mingasson, le 9e Zouaves de Marche (car il s'appelle ainsi depuis décembre 1914) faisait, comme toute l'Armée française de l'époque, son apprentissage de la guerre de tranchées. Les Zouaves connurent, sans l'apprécier beaucoup, la vie en secteur, dans les conditions particulièrement défavorables de l'hiver 1914 : mauvaises tranchées sans abris, communications avec l'arrière très précaires. Mais ni la pluie, ni la boue, ni le froid, ni les violents bombardements et les attaques ennemies ne purent entamer le courage et l'ardeur de ceux qui étaient déjà les Tigres du 9e et qui, tout en gardant jalousement leur front, montraient les dents par de fréquentes et audacieuses patrouilles.
Le 17 avril 1915, la 3e Brigade du Maroc était relevée du secteur du bois du Quesnoy. Elle allait cantonner dans la région de Saint-Pol où elle était incorporée à la 153e division Le 9e Zouaves ne devait plus quitter cette formation jusqu'au la fin de La guerre.
Le 24, le Régiment s'embarquait à Saint-Pol pour une destination inconnue ; il débarquait à Poperingue dans la nuit, et s'installait à Westveteren. Les Boches venaient d'expérimenter les gaz asphyxiants ; profitant de la surprise et du manque de moyens de protection, ils avaient enlevé nos première lignes, franchi le canal de l'Yser à Stenstraete et Het-Sas. Le « détachement d'armée de Belgique », dont faisait partie le 9e, avait pour mission de contre-attaquer et de rejeter l'ennemi à l'Est du canal.
Le 25 au soir, Ie Régiment reçoit l'ordre de chasser l’ennemi de la tête de pont, au Sud- de l’écluse de Het-Sas ; il devait consacrer la nuit à occuper ses emplacements de départ et faire les reconnaissances nécessaires. À 2h30, le Colonel est prévenu que l'attaque doit avoir lieu à 3h30. Le bataillon Bastien, chargé de l'opération n'est pas encore en place et ne le sera qu'à 3h40 ; à 3h45 les compagnies reçoivent l'ordre d'attaquer immédiatement.
A 4 heure, les quatre compagnies entraînées par le Commandant du bataillon et les capitaines sortent avec un entrain train admirable et se précipitent sur les tranchées ennemies. Folie héroïque et inutile. En quelques secondes le bataillon est fauché par les mitrailleuses. Les survivants arrivent quand même à cinquante mètres des Allemands puis tourbillonnent sous les balles et refluent en désordre vers leurs tranchées de départ, laissant le terrain jonché de morts et de blessés.
Le comandant Bastien, 3 capitaines, 1 lieutenant tués, 320 hommes hors de combat attestaient l’ardeur avec laquelle cette malheureuse opération avait été. exécutée. Les attaques précipitées étaient la conséquence de la traîtrise abominable des Boches employant les gaz asphyxiants pour crever notre front et franchir le canai de l'Yser qui avait arrêté la ruée d'octobre 1914.
Le 27 avril, à 15 heure, l'attaque était reprise préparée minutieuse et admirablement conduite par le capitaine Sciard, commandant le bataillon. Elle réussit. En quelques minutes, les Zouaves superbes d'entrain après avoir traversé sous les baltes l'Ypériée avec de l`eau jusqu'a la ceinture, atteignent la tranchée ennemie creusée dans les talus du canal. Un violent corps à corps s’engage, tout ce qui résiste est tué à La baïonnette.
A 17 heures, La position était organisée : 120 prisonniers dont 3 officiers, 5 mitrailleuses, 1 lance-flamme, un important matériel restent dans nos mains ; 660 cadavres sont entassés dans les tranchées. L'ennemi avait du reste opposé une résistance acharnée : 25 tués dont 3 officiers (les capitaines Granelli et Levasseur), 216 blessés dont 3 officiers témoignent de la difficulté de cette brillante attaque.
Le 30 avril, le bataillon Legou attaquait, à son tour au Nord de l'Écluse en liaison à gauche avec le 268e. Réussie à gauche, l'attaque échoua à droite, où le commandant fut tué en entraînant la 11e compagnie.
Les opérations continuèrent avec la même violence les jours suivant particulièrement le 16 mars (attaque du bataillon Petitot sur la maison du collège) et les 30 et 31 mai (coopération à l'attaque de la 45 Division sur Boesinghe). Quand le 9e Zouaves fut relevé, le 1er juin, sa mission était remplie : aucun Allemand vivant ne se trouvait plus sur la rive Ouest du canal.
Le Régiment avait inscrit une belle page au livre d`Or de l'Armée Française. Il y gagnait sa première citation à l'Armée.
La 3e Brigade marocaine (9e Régiment de marche de Zouaves et 1er Régiment mixte de Zouaves et Tirailleurs n'a cessée de se distinguer depuis le début de la campagne. Vient sous les ordres du Général Cherrier et des Lieutenant-colonels Mingasson et Cazenove de faire preuve d'une persévérance et d'un entrain héroïque en enlevant à l'ennemi, par une lutte pied à pied qui a duré plus de seize jours, tous les points d'appui fortifiés qu'il tenait à l'Ouest du canal, le rejetant définitivement sur la rive orientale, lui infligeant d'énormes pertes, lui taisant de nombreux prisonniers.
Pendant que le 9e Zouaves se couvrait de gloire en Belgique, une grande attaque avait été montée en Artois : cette attaque était basée sur de nouvelles méthode de combat. Le 9 mai, l'armée française crut voir la victoire déployer ses ailes mais l'ennemi se ressaisit rapidement avec d'autant plus de facilité que le succès primitif ne fut pas poursuivi.
Les Zouaves du 9e n'y jouèrent qu'un rôle secondaire. Arrivés en Artois pour la reprise de l'offensive du 16 juin, et placé en soutient ils subirent de fortes pertes par suite du bombardement sans prendre part à aucune action.
Après avoir tenu les tranchées devant Neuville-Saint-Wast jusqu'au début de juillet, le Régiment était transporté en Lorraine. C'est là que le 24 août près de Saint Nicolas du port, au cours d'une revue par le Président de La République, accompagné du Roi des Belges, le 9e Zouaves et le 1er Mixte recevaient leurs drapeaux déjà décoré de la Croix de guerre. Le Président de la République prononça l'allocution suivante
Officiers, Sous-officiers et Soldats,
Ce n'est pas sans une profonde émotion que je remets aujourd’hui à la 3e Brigade marocaine, en présence de SM le Roi des Belges les drapeaux où votre bravoure a, dès maintenant, épinglé tant de glorieux souvenirs. Carlepont et Tracy-le-Val, Bailly et Quennevieres, le Bois-Saint-Mard et là route de Nampcel, tous ces noms s'étaient déjà inscrit en traits de feu aux premières pages de vos annales lorsque dans cette lutte pied à pied, qui a duré plus de 16 jours, vous avez rejeté l'ennemi sur la rive orientale de l'Yser.
Vous avez ainsi victorieusement commencé avant de revenir vous battre aux environs d'Arras la libération de cette glorieuse Belgique dont l'auguste souverain a tenu à vous apporter lui-même aujourd'hui ses remerciements et ses félicitations. Avec l'aide des héroïques troupes belges et de nos vaillants alliés, vous achèverez notre oeuvre de délivrance et de salut. La France ne sépare pas sa cause de celle de ses allié.
Honneur et loyauté sont, comme le sol même de toutes nos provinces, partie intégrante et inaliénable de notre patrimoine national. Recevez ces drapeaux, couvrez les d’une gloire nouvelle, et faites les flotter bientôt avec ceux de toutes les nations alliées sur l’Europe affranchie.
Le 9e zouaves allait, en effet, peu de temps après, « couvrir son drapeau d'une gloire nouvelle ».
Une deuxième grande offensive était en préparation, celle de Champagne, et le Régiment allait y jouer un rôle ,glorieux.
Le 14 septembre il est transporté dans la région Somme, Brionne, Valmy. Journée du 25/09/1915 : début de la bataille de Champagne Le 25 au matin, il se trouvait en réserve au ravin de Beauséjour et le 26 il attaquait en direction générale de Maison de Champagne, côte 185, avec pour objectif Ripont et la Dormoise. A 7 heures, tout le Régiment se porte à l'assaut, mais devant la violence du feu ennemi, l'attaque est complètement brisée. Malgré quelques tentatives de progression à la grenade et un deuxième assaut donné par le bataillon Petitot, il faut se retrancher sur place après un pénible gain d'une centaine de mètres.
Le lendemain l'attaque était reprise à 16 heures. Une contre-préparation des Allemands nous causait de grosses pertes ; les chefs de bataillon Petitot et Prunis sont tués et de nombreux zouaves sont mis hors de combat. Néanmoins, à l'heure H, les vagues d'assaut se portent en avant, au pas, avec un calme et un courage magnifiques. Un feu d'artillerie et de mitrailleuses les accueille aussitôt ; elles atteignent pourtant les premières tranchées allemandes, mais là, elles se heurtent aux réseaux presque intacts. Follement, les zouaves essaient de les franchir et se font tuer sur place dans cette lutte inégale. Quelques éléments parviennent à se faufiler par les brèches, dépassent la ligne allemande et arrivent jusqu'aux premières batteries : coup d'audace qui coûte cher à ses exécutants !
Finalement, les vagues d'assaut, disloquées, se replient et se regroupent à environ 300 mètres de la tranchée de départ ; fiévreusement, chacun creuse, et rapidement, une nouvelle position s'organise. A ce moment, circule une terrible nouvelle : le lieutenant-colonel Mingasson et son officier adjoint viennent d'àtre tués par un obus. Premier colonel du 9e Zouaves tombé au champ d'Honneur, il laissait dans le Régiment le souvenir impérissable d'un chef de corps de premier ordre.
Sans tarder, le Régiment se reconstitue, les unités se reforment. quoique bien éprouvé, le 9e était néanmoins prêt à résister aux contre-attaques, quand le colonel Couranjou en prit le commandement vers 19 heures.
Après quelques journées passées en réserve et après avoir reçu des renforts, le 9e est chargé, le 6, d'une attaque sur l'ouvrage de la Défaite. Deux bataillons en première ligne formant deux vagues, un bataillon en deuxième ligne : telle est la formation adoptée. 5h20, les bataillons partent avec un entrain magnifique, malgré les mitrailleuses ennemies ; en quelques minutes, le bataillon du capitaine Hoeffel atteint son objectif ; le bataillon Koch, dont le chef est blessé dés le début, après avoir été obligé de se replier sur la tranchée de départ par suite de la non réussite de l'attaque du Régiment voisin, repart à 6h30 et se porte sur l'alignement du bataillon Hoeffel. A 7h20, tout l'objectif était entre nos mains.
Mais l'ennemi réagit rapidement et commence, dès 8 heures, ses contre-attaques. Il réussit sur le régiment de gauche et bientôt toute la ligne du 9e est prise d'enfilade par les mitrailleuses boches. Les Zouaves se défendent avec un acharnement inouï, personne ne veut abandonner des dispositions si brillamment enlevées. Le capitaine Hoeffel, merveilleux de bravoure, qui organise la résistance, est tué ! Peu à peu, les Allemands, attaquant à la grenade, menacent d'encercler les unités cramponnées au terrain. Il est impossible de leur porter secours ; deux bataillons du 153e, qui doivent contre-attaquer, ne peuvent réunir que 750 hommes.