Vous faites votre généalogie, retrouver leur parcours de vie pendant les guerres, à travers leur métiers, etc...
" Les premiers blessés sont apportés et il en arrive de toute part. Tout est occupé jusqu'aux moindres recoins. C'est l'engouffrement par toutes les ouvertures de ces pauvres poilus qui tombent dans nos bras, hébétés, hagards, les yeux figés par l'horreur qu'ils ont vue et les traits contractés par la souffrance surhumaine qu'ils éprouvent.
L'un, entre autres, est dans un état pitoyable de prostration et d'anéantissement. Sentant l'urine et les matières fécales, et dégageant une odeur de cadavre. Ce pauvre diable, blessé par des éclats d'obus qui lui ont broyé la cuisse est resté pendant deux jours à moitié enfoui dans le trou que l'obus meurtrier avait creusé, contre le cadavre d'un de ses camarades, tué à côté de lui.
J'ai vu l'un des soldats couvert d'une telle quantité de poux, que les différentes parties des pansements en étaient envahies jusqu'aux plaies.
C'est une vraie boucherie pleine de sang et de râles. Près d'une bougie, l'aumônier, les mains pleines de sang, n'arrête pas de panser les blessures.
Je dors debout, du moins je somnole, je vis comme un automate. Mon blessé pousse des cris horribles et d'autres encore, hurlent comme des forcenés. Les cris de souffrance nous masquent une canonnade formidable. "