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Historique de 39ème Régiment d'Infanterie

En 1914; Casernement : Rouen ; 9e Brigade d'Infanterie 5e Division d'Infanterie 3e Corps d'Armée. Constitution en 1914 : 3 bataillons

À la 5e DI d’août 1914 à juil. 1915, puis à la 130e DI jusqu’en nov. 1917, puis à la 169e DI jusqu’en oct. 1918, puis 58e DI

 

 

 

 

3 citations à l’ordre de l’armée, 1 citation à l’ordre de la division, fourragère verte

Citations à l'ordre de l'armée :

1ère citation du régiment à l'ordre de l'armée

Le 39e est cité à l'Ordre de la 10e Armée, le 14 septembre 1917, comme suit :

« Régiment dont la solidité s'est affirmée dès le début » de la campagne, en août et septembre 1914, puis en Artois, en juin, septembre et octobre 1915. En juin 1916, sous les ordres du Colonel Gibon-Guilhem, devant Verdun, sous un bombardement d'une violence extrême, accompagné d'émission de gaz et malgré des pertes sévères, s'est accroché au plateau de Fleury, a contenu pendant trois jours les furieuses attaques de l'ennemi, sans perdre un pouce de terrain. S'est à nouveau signalé en octobre 1916 sur le mê me terrain de lutte par son acharnement au travail et sa belle tenue au feu. »

Signé : DUCHÊNE.

2ème citation du régiment à l'ordre de l'armée.

16 Juillet : Le 39e est cité à l'ordre de l'Armée en ces termes :

« Excellent régiment qui, sous les ordres du Colonel Gibon-Guilhem, vient, une fois de plus, de se montrer digne de sa belle réputation. A, pendant de durs combats, du 9 au 13 juin 1918, fait preuve des plus belles qualités militaires, se montrant aussi remarquable d'endurance dans la résistance que mordant dans les contre-attaques. En particulier, avec deux seules Compagnies d'infanterie et une Compagnie de mitrailleuses, a capturé, le 9 juin 1918 : 116 prisonniers, pris 6 mitrailleuses et 3 canons de 77. »

(Signé) : HUMBERT.

Prise de Fretoy et du Tronquoy ; Somme

Port de la Fourragère verte

27 Juillet 1918 : Le Conseil Municipal de la Ville de Rouen vote des félicitations pour le 39e qui vient de recevoir la fourragère.

3ème citation du régiment à l'ordre de l'armée

- 24 Octobre : Le 39e est cité à l'Ordre de la 1re Armée en ces termes :

« Corps d'élite, de superbe tenue au feu, qui, pendant la période du 5 au 18 août 1918, sous les ordres du Colonel Gibon-Guilhem, a, dans six attaques successives, dont deux exécutées par l'ensemble du Régiment, sous le commandement du Colonel, donné de multiples preuves de ses très belles qualités de mordant et d'endurance et contribué puissamment au succès des opérations auxquelles il a participé. Pendant cette période d'opérations, a réalisé, au total une progression de dix- huit kilomètres, dont douze au cours de combats parfois très durs, enlevé de haute lutte des positions fortement organisées, dont trois villages, fait subir de grosses pertes à l'ennemi, pris plus de 350 prisonniers et capturé un matériel très important, dont 94 mitrailleuses, 5 canons, dont un de 210, et des minenwerfer, dont deux de 150. »

(Signé) : DEBENEY.

Faverolles, bois Allongé, Cessier

Citations à l'ordre de la division :

Citations du régiment à l'ordre de la division Pour la prise de Neuville-Saint-Vaast en juin 1915

Général Mangin

 

 

HISTORIQUE

 

JMO

BATAILLES

Verdun

D'un Conseiller de I'Union Française

 

« Pendant une première période de quatre jours, mon bataillon (3e bataillon : Cdt Mathieu) avait tenu l'abri de la défense permanente de Verdun, situé entre Fleury et l'ouvrage de Thiaumont (abri 340). Ce n'avait pas été très drôle, mais enfin, nous avions connu aussi bien pendant les onze mois que nous avions passé en Artois. Nous redescendîmes pendant quatre jours dans la citadelle.

 

Dans la nuit du 22 au 23, nous devions relever notre 1er, bataillon à Fleury et Bois-Fleury. Lui-même devait relever le bataillon de première ligne. Nous partîmes vers 9 heures.

 

Dès que nous fumes arrivés au bas des Cotes de Meuse (à la Patte d'Oie), j'eus le sentiment du drame qui commençait a se jouer. Des départs illuminaient tout l'horizon. Pas ou presque pas d'éclatements. Les obus à gaz ne faisaient que peu de bruit. Nous ne trouvâmes aucun agent de liaison. Bientôt, nous vîmes les cadres des échelons d'artillerie lancés à fond de train, dont les conducteurs criaient : « Les gaz, les gaz ». Je devais avec la compagnie que je commandais (la 10e) occuper la position de Bois-Fleury. Je vous épargne le récit de ce que fut cette relève. J'y perdis un tiers au moins de mes hommes qui arrivèrent épuisés dans une position sommaire. Avec l’aube, le bombardement se calma. J'envoyai des agents de liaison pour savoir ce qui se passait dans Fleury. Aucun ne revint.

 

Vers 5 heures du matin, je vis arriver la 6e compagnie (Cne Lombard) - la seule qui ait pu être relevée. Nous restâmes ainsi sans ordres ni renseignements pendant plusieurs heures, nous attendant à voir arriver les Allemands et nous préparant à les recevoir. C'est vers 10 heures que je reçus un ordre signé du Général Mesple (Commandant l'infanterie de la Division), m'enjoignant d'occuper avec la 6e la côte qui passait au-dessus de la poudrière de Fleury. En fait, le Général Mesple et le Colonel du 39 étaient à peu près prisonniers dans la poudrière ; les Allemands étaient arrivés jusqu'a la crête qui la domine. Nous effectuâmes le mouvement et parvînmes à repousser les Allemands de quelques centaines de mètres, rétablissant une ligne qui allait des derrières maisons de Fleury (où s'accrochait ce qui restait du 239) à une batterie dont deux canons pouvaient encore tirer à mitraille, Au-delà, il y avait un trou impossible à combler. C'est sur cet emplacement qu’un obus, éclatant juste sur le bord du trou d'où je commandais cette ligne plus mince qu'un fil, me fit sauter les tympans et me mit en si mauvais état qu'on dût me transporter dans la poudrière de Fleury. A la nuit, au bras d'un brancardier, je revins dans Verdun sans rencontrer la moindre troupe. Ce fut seulement au bas des Côtes de Meuse que je croisai et essayai de renseigner un bataillon de chasseurs. Mais je criais alors comme un sourd que j'étais, et je doute que mes explications aient été très claires.

 

Le 27 juin, le 39e, qui avait dû monter en ligne avec un effectif d'environ 2.000 hommes, en comptait 740 (cuisines et section hors rang comprises). II restait au 1er bataillon, un officier ; au 2e, un artificier ; au 3e, cinq officiers - dont trois officiers mitrailleurs »

 

D. BOISDON

 

Ancien Conseiller de l'Union Française.

TEMOIGNAGES

 

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