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Vous faites votre généalogie, retrouver leur parcours de vie pendant les guerres, à travers leur métiers, etc...

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Historique du 40ème Régiment d'Infanterie

HISTORIQUE

JMO

Année 1917

BATAILLES

Autour de Verdun en septembre 1914 (partie 1- partie 2)

Carte des combats au 10 septembre 1914

TEMOIGNAGES

« L’Illustration » - 3 février 1917  Rubrique « Guerre Navale »

Méditerranée – Le 25 janvier, le paquebot Amiral-Magon, ayant à bord environ 900 hommes qu’il transportait à Salonique, a été torpillé et coulé par un sous-marin ennemi, dont le périscope n’a été aperçu qu’au moment ou la torpille venait d’être lancée.

Bien qu’il ait sombré en dix minutes, huit cent neuf hommes ont été sauvés par le contre-torpilleur Arc qui l’escortait et par le contre-torpilleur Bombarde qui, patrouillant dans les environs, rallia le lieu du sinistre à grande vitesse, ainsi que sept chalutiers. La plupart des victimes ont été tuées sur le coup par l’explosion.

Le paquebot Amiral-Magon, de 5566 tonneaux de jauge brute, construit à Nantes en 1904, appartenait à la compagnie des Chargeurs Réunis.

« Le petit marseillais » – Mercredi 31 janvier 1917

Torpillage de l’Amiral-Magon (Communiqué du ministère de la marine)

Paris, 30 janvier.

Le bâtiment de la compagnie des Chargeurs Réunis Amiral-Magon, qui transportait 900 hommes de troupes environ à Salonique et était escorté par le contre-torpilleur Arc, a été torpillé, le 25 janvier, par un sousmarin ennemi :

- Le périscope n’a été aperçu qu’au moment ou la torpille venait d’être lancée. L’Amiral-Magon a coulé en dix minutes ; 809 hommes ont été sauvés par le contre-torpilleur d’escorte et par le contre-torpilleur Bombarde, qui, patrouillant dans les environs, a rallié en grande vitesse, ainsi que sept chalutiers.

- Le commandant et l’équipage de l’Amiral-Magon, ainsi que les troupes passagères ont eu une très belle attitude. L’état-major et l’équipage de l’Arc ont fait preuve du plus grand dévouement, les hommes se jetant fréquemment à la mer, malgré le mauvais temps, pour rapprocher du torpilleur les soldats et les hisser à bord.

- La plupart des victimes ont été tuées sur le coup.

Les renseignements relatifs à l’équipage du navire seront fournis directement par le sous-secrétariat à la marine marchande, 120 bis, boulevard Montparnasse à Paris. En ce qui concerne les militaires de l’armée de terre embarqués sur ce navire, les familles intéressées seront prévenues d’office et sans demande de leur part par les dépôts auxquels ces militaires ont été rattachés. En outre, tous renseignements utiles pourront être demandés à la section des renseignements aux familles, Ecole Supérieure de Guerre, avenue de la Motte-Picquet.

L’Amiral-Magon était un bâtiment en acier, qui avait été construit à Nantes, en 1904. Son déplacement était de 5566 tonnes ; il mesurait 130 mètres de long sur 18m.40 de large.

« Le petit marseillais » - Jeudi 8 février 1917 »

Le torpillage de l' Amiral-Magon (25 janvier 1917)

Le récit que nous publions ci-après nous avait été adressé le 2 du courant par notre correspondant d’Avignon M. H. Jean. La censure marseillaise jugea prudent de surseoir à cette insertion, et ayant pris avis – assurent MM. Les censeurs – de leurs chefs hiérarchiques à Paris, ils nous interdirent d’y donner suite. Hélas ! L’esprit de la censure procède de tels mystères que notre raison a renoncé, depuis longtemps, à vouloir les pénétrer ; mais nous sommes trop souvent victime de ses incohérences pour que nous ne les soulignions pas de nos protestations. En effet, au lendemain même de l’interdiction qui nous était notifiée, les journaux de Paris, de Lyon et d’ailleurs pouvaient publier textuellement la lettre qu’on va lire et dont la primeur nous avait été réservée par la famille même du capitaine Roman. Le préjudice qui nous est ainsi fait nous permettrait d’en demander compte aux coupables par le moyen de voies légales. Nous n’en ferons rien, sachant bien, par expérience, que puisqu’il s’agit de censure et de censeurs, nous serions renvoyés de Caïphe en Pilate1, sans recevoir les satisfactions recherchées. Nous essaierons donc d’en obtenir de plus prochaines, par d’autres moyens.

Récit d’un rescapé

On nous écrit d’Avignon, le 2 février.

Dans une lettre écrite de Céphalonie à sa famille, le capitaine Roman2 du 40e d’infanterie, un bien sympathique membre de l’enseignement primaire de Vaucluse et gendre de M. Boeuf, professeur à l’école supérieure d’Avignon, raconte de la façon suivante comment il a survécu au torpillage de l’Amiral-Magon :

« A quelle horrible mort je viens encore d’échapper une fois, grâce toujours à ma bonne étoile que vous êtes tous deux! Jamais je n’ai vu un spectacle plus terrifiant, plus horrible ! Jamais aussi je n’ai vu des hommes plus calmes devant le danger, procéder avec plus de confiance à la mise à la mer des embarcations de sauvetage et à leur embarquement sur ces embarcations.... Mais je m’aperçois que je parle de la fin du drame, sans te parler des débuts.

Notre départ de Marseille s’est effectué sans incident et notre voyage jusqu’au 25, à midi, a été tout à fait agréable. J’étais surtout heureux car je n’avais nullement souffert du mal de mer. Et pourtant, j’ai pu juger combien il  est déprimant pour ceux qui en souffrent. Le 25, à 11 heures, nous descendions à la salle à manger pour déjeuner. Tout le monde à peu près était présent, sauf quelques-uns qui étaient trop malades. A 11 h. 10, au moment où l’on venait de servir le premier plat, on entend la sirène, qui ne siffle qu’à l’annonce d’un danger. Tout le monde se lève. On se demande ce qui se passe. On court à sa ceinture de sauvetage.

Au moment où nous arrivons à notre cabine, l’explosion de la torpille se produit !….Aussitôt, chacun pour soi ! Je suis resté sur le pont presque jusqu’au moment où le bateau a coulé, organisant le service, assurant les départs des hommes sur les embarcations et attendant une occasion sur un canot de sauvetage ou un radeau pour me garer du danger. Le bateau coulait tout doucement! Mais les embarcations étaient toutes à la mer et archi-bondées à tel point que plusieurs ont chaviré plusieurs fois. A ce moment je me rappelle que le drapeau est dans ma chambre. Je vais le prendre et le jette sur un radeau. Je prends en même temps ma sacoche que je jette à la mer. Puis je demande où est le colonel.

On me le montre au milieu de l’eau en train de nager.

Le bateau continuait à couler tout doucement. Je me porte encore une fois vers l’arrière pour découvrir un radeau.... Impossible d’y prendre place. A ce moment, j’entends le bruit de l’eau qui pénètre dans la machinerie !... Plus d’hésitation possible, le bateau va s’engloutir. Il faut partir. Je n’ai pas le temps de me jeter à l’eau, j’ai été entraîné dans le gouffre qui s’est formé lorsque la machinerie a bu...Je suis descendu à une profondeur que je ne puis indiquer...J’ai bu et pendant quelques secondes - je ne sais combien - j’ai cru que c’était fini. Quelle n’a pas été ma joie, quand j’ai revu, grâce à deux ou trois mouvements de natation que j’avais esquissés, que je me trouvais à la surface.

Encore un effort et j’étais hors de l’eau. Mais quels hurlements j’ai poussés en respirant ! J’avais bu beaucoup et ne pouvais presque plus respirer. Je suffoquais, je râlais.. .Lorsqu’un hoquet formidable m’a dégagé complètement. J’ai rejeté une partie de l’eau absorbée... - Brr ! que l’eau de mer est mauvaise ! - et alors je me suis cramponné à une planche, une épave qui était par là. J’ai dû rester ainsi plus d’une heure, avec un contre-torpilleur qui nous escortait, qui a failli être torpillé, mais qui, grâce au sang-froid du capitaine, a pu demander du secours, ne pas être torpillé et repêcher tous ceux qui s’étaient sauvés sur des radeaux, sur des planches, des sacs, etc. tout ce qui, en un moment pareil, peut être une planche de salut.

Quelles heures ! Quels cris déchirants on entend de toute part. Quel affreux spectacle ! J’ai vécu pendant un certain temps entre deux ou trois poilus cramponnés à la même planche que moi, entouré de bois qui surnageait aussi, attendant patiemment qu’on nous délivre. A un moment donné, une autre planche plus convenable s’étant présentée à moi, je l’ai adoptée, car elle était plus confortable. Je suis resté plusieurs heures, tantôt voyant à deux mètres de moi une embarcation, mais ne pouvant la prendre, à cause de la houle, tantôt me trouvant éloigné de tout secours, mais ne désespérant jamais. Enfin une manoeuvre du contre-torpilleur m’a rapproché d’une barque de sauvetage à laquelle on m’ a fait accrocher, et de laquelle on m’a hissé sur le contre-torpilleur, où je suis arrivé complètement glacé, sans force, incapable de tout mouvement. Le dévouement du personnel de ce contre-torpilleur est certainement la plus belle chose que j’aie vécue ! »…

Et le capitaine Roman signale avec admiration tous les efforts réalisés par le personnel des deux contretorpilleurs et d’autres bâtiments accourus au secours des victimes de la piraterie boche. Il exulte de se voir auprès de son colonel, de ses camarades, de ses soldats, dont très peu manquent à l’appel. Il termine en disant qu’il a été rapatrié à bord du cuirassé X..., où il a dû échanger contre un costume de lieutenant de vaisseau, son uniforme de fantassin très endommagé par les opérations de sauvetage. Cette manière d'envisager la mort à laquelle on vient d’échapper par miracle est bien française ; elle est familière du reste à tous les vaillants poilus dont notre Midi est si fier.

H.J.

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