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En 1914 ; Casernement : Saint Brieuc ; 119e Brigade d'Infanterie; 60e Division d'Infanterie; 11e Région; 10e Groupe de Réserve À la 60e DI d’août 1914 à juin 1916.
Dissolution du régiment en juin 1916 ; les soldats rejoignent les 247e et 248e RI pour former leur 3e bataillon.
Plan de concentration des armées en 1914
Le front d'entre Meuse et Vosges (12-19 août 1914)
HISTORIQUE
DU 271ème RÉGIMENT D’INFANTERIE
DU 2 AOÛT 1914 AU 10 JUIN 1916
L’historique du 271ème Régiment d’Infanterie, quoique plus court que celui du 71ème, n’en contiendra pas moins des actions remarquables et dignes d’admiration. Les régiments de réserve, avant la guerre, étaient considérés comme ne devant pas prendre une part active aux grandes opérations. Mais les nécessités de la lutte les ayant entraînés dans la bataille dès le début de la campagne, ils firent preuve de tant de vaillance qu’ils conquirent immédiatement leurs titres de noblesse résumés dans cet ordre du jour fameux du Général JOFFRE, déclarant qu’à l’avenir il n’y aurait plus de distinction entre les régiments de réserve et d’active confondus désormais à la peine comme à l’honneur. Et le 271ème le méritait bien, en effet, ce glorieux hommage. Dès le mois d’août, après quelques combats, il est entraîné dans la longue et pénible retraite générale, et ce sont pour lui les douloureuses étapes de Rochelaut, La Croix Piot, Tourteron; puis vient la revanche de la Marne où le 271ème combat brillamment à Sommesous, à La Fère Champenoise, à Saint-Hilaire-le-Grand ; il se distingue encore aux attaques ‘de Souain et du Bois Sabot, nos premiers succès locaux dans -la guerre de tranchées. En octobre 195, il combat âprement en Champagne et l’on ne peut douter que de nouvelles pages de Gloire se seraient ajoutées à celles-ci, si la dissolution du régiment n’était venue trop tôt interrompre cette belle épopée si vaillamment commencée.
GUERRE DE MOUVEMENT
Rochelaut - La Croix-Piot - Tourteron
La Fère-Champenoise – Saint-Hilaire-le-Grand.
Le 271ème Régiment d’infanterie de réserve part en campagne le 9 Août 1914, sous le commandement du lieutenant-colonel JACQUIER et est dirigé sur le Châtelet, où il débarque.
Dès son arrivée, il participe au mouvement général de l’armée et se porte au delà de la Semoy. Malgré la fatigue, la chaleur et le manque d’entraînement, nos troupes résistent courageusement à ces marches pénibles. Le 271ème s’établit le 23 août près du plateau de Rochelaut et pour la première fois, nos troupes entendent le canon.
Obéissant à un ordre et sans être directement engagé, le régiment, bien à contrecoeur, commence la retraite générale qui est décidée. Très fatigués par de longues étapes, les hommes souffrent terriblement. Le 271ème se replie sur Donchery. La Meuse est franchie le 26 Août, par quelques Allemands qui tombent sous le feu de nos troupes. L’ennemi redouble ses efforts et nos positions deviennent intenables sous le feu meurtrier de l’artillerie lourde et de l’infanterie qui a réussi à franchir la Meuse. L’évacuation de nos lignes, est le signal de fortes pertes dues, à ce moment, presque exclusivement au feu des fusils et des mitrailleuses. Les deux compagnies qui se trouvaient en position première, s’acheminent à travers bois, vers le château de la Croix-Piot, où elles arrivent sans être poursuivies. Elles y sont rejointes par les compagnies de réserve du 8ème bataillon. Le château étant immédiatement repéré par l’artillerie ennemie, le régiment se dirige sous un feu violent d’artillerie, sur la lisière sud du bois de Cheveuges. Seul, le 6ème bataillon est intervenu, le 5ème étant en réserve. Cet engagement qui fait honneur aux troupes engagées pour la première fois, coûte des pertes sérieuses au régiment : 200 hommes sont hors de combat.
C’est ensuite la retraite vers, le sud et les dures étapes de Cheveuges, Omicourt, Villers-les-Tilleuls, Guincourt, où le 271ème arrive le 30 Août. Talonné de très près, il doit retarder la marche de l’ennemi, et dans ce but se déploie entre Guincourt et Tourteron. L’ennemi attaque de trois côtés. La fusillade fait rage et nos troupes sont merveilleuses de ténacité. Devant des forces très supérieures en nombre et craignant d’être encerclé, le régiment est obligé de se replier, laissant un grand nombre de morts et de blessés aux mains des Allemands. Qu’importe ! L’ennemi a été retardé dans sa marche et les unités voisines ont pu s’installer sur de meilleures positions.
Le régiment complètement dispersé se rassemble autour de son Drapeau à Cherbogne, puis à Attigny où la valeur d’un bataillon peut être recueillie.
La retraite continue jusqu’au 4 Septembre où l’ordre arrive de résister coûte que coûte aux attaques de l’ennemi. Malgré ces premiers échecs et la fatigue de ces longues marches, tantôt par une chaleur accablante, tantôt par une pluie torrentielle, nos troupes sont animées d’un esprit d’offensive remarquable. Le 6, la marche en avant est reprise. Deux compagnies de marche sont fournies par le régiment, l’une commandée, par le Capitaine ASTIER, l’autre par le Lieutenant LEROY et sont engagées dans la bataille de la Fère Champenoise où elles se font remarquer par leur élan farouche. Le 8, un faible engagement a lieu à Sommesous, mais l’ennemi ne résiste pas. Le 11, les compagnies de marche qui avaient pris part à la bataille de la Fère Champenoise, où elles se sont couvertes de gloire, rejoignent le régiment.
Le 14, le 271ème occupe les positions sur la lisière N.E. de Saint-Hilaire-le-Grand. L’artillerie ennemie ouvre un feu violent contre les fractions qui s’étaient portées en avant du village. Sous cette violente canonnade les patrouilles doivent se replier jusqu’aux lisières du village où elles s’organisent.
Le 15 Septembre, ordre est donné de reprendre la marche en avant; le 271ème doit soutenir les autres régiments de la division. Devant l’intensité du feu des batteries allemandes l’attaque ne peut déboucher du village et le régiment prend position à Jonchery. Le 18, vers 16 heures, le 248ème qui occupait Saint-Hilaire ayant été obligé de se replier devant une contre-attaque ennemie, le 271ème reçoit l’ordre de réoccuper le village et les abords. Nos soldats, merveilleusement entraînés par leurs chefs, font preuve d’un allant et d’un entrain remarquables et réoccupent le village. Le 25 au soir, le 6ème bataillon élargit ses positions au nord de Saint-Hilaire. Nos troupes, d’un élan irrésistible, atteignent les positions indiquées et s’organisent sur le terrain conquis. L’ennemi réagit immédiatement et soumet nos tranchées qui sont prises d’enfilade à un violent bombardement et à un tir nourri de mitrailleuses. Deux compagnies sont obligées d’évacuer leurs tranchées sous un feu meurtrier. Les 20ème et 23ème compagnies moins éprouvées maintiennent leurs positions.
Dans la nuit du 30 Septembre au 1er Octobre, le régiment est relevé de Saint-Hilaire et va prendre position à cheval sur la route Suippes - Souain. Le secteur est relativement calme et le régiment peut jouir d’un repos bien mérité après deux mois de combats incessants, deux mois où le régiment a su mettre en relief toutes les qualités qui font le propre des troupes d’élite : bravoure, ténacité, courage et abnégation.
GUERRE DE TRANCHÉES
Moulin de Souain - Bois Sabot
Après cette courte période de repos, viennent pour le 271ème les attaques meurtrières et répétées du Moulin de Souain et du Bois Sabot.
Le 30 Octobre 1914 à 5 heures ½ du matin, le 5ème bataillon, sous les ordres du Commandant CLERET DE LANGAVANT, tente de s’emparer par surprise du Moulin de Souain. Les deux compagnies du centre, les 18ème et 19ème soutenues par le feu de la 2ème section de mitrailleuses, s’élancent en avant, dans un élan superbe et arrivent jusqu’aux réseaux de fils de fer allemands. L’ennemi est puissamment retranché et nos troupes ne peuvent, malgré leur bravoure, s’emparer de la position ennemie presque intacte. Les vagues d’assaut sont décimées par les mitrailleuses allemandes. A 16 heures, les 17ème et 20ème compagnies tentent vainement de reprendre l’attaque. Malgré leur ardeur combative et l’esprit merveilleux qui les anime, elles n’obtiennent aucun résultat. Nos pertes sont sérieuses et l’attaque n’a pas donné les résultats espérés.
Le Régiment progresse à la sape et fortifie les tranchées de première ligne et les ouvrages des lignes de soutien. On travaille fiévreusement à la préparation d’une nouvelle attaque ayant le même objectif et le 25 Novembre, on tente de nouveau de s’emparer du moulin de Souain.
Le 5ème Bataillon doit se porter à l’attaque, soutenu à sa gauche par les feux du 6ème Bataillon. L’attaque est fortement préparée par l’artillerie en vue de faire des passages dans les défenses accessoires ennemies reconnues très sérieuses. A 12 heures, l’ordre d’attaque est donné. Des patrouilles sortent de la tranchée pour reconnaître les brèches faites dans le réseau. A peine sorties, elles sont soumises au tir des mitrailleuses ennemies. Malgré tout, ces hommes, n’écoutant que leur courage, ont à coeur d’accomplir la glorieuse mission qui leur est confiée. Quelques-unes arrivent au réseau et reconnaissent qu’aucune brèche n’existe sur le front du bataillon. Une nouvelle préparation d’artillerie est nécessaire. Celle-ci terminée, de nouvelles tentatives sont faites, mais les positions allemandes sont solidement organisées et nos vagues d’assaut s’effondrent encore sous le feu des mitrailleuses. A 15 heures 15, on décide de suspendre ces attaques infructueuses.
Le 271ème quitte définitivement ce secteur où tant de braves sont tombés. Le 1er janvier 1915, il prend position en face du Bois Sabot.
Nos soldats, imparfaitement préparés pour une campagne d’hiver aussi pénible souffrent des intempéries de cette saison. On leur demande cependant le maximum de travail et sans relâche ; ils font des préparatifs d’attaques dont le Bois Sabot, très fortement organisé, est l’objectif. On prévoit une lutte acharnée, mais que ne peut-on pas espérer de pareilles troupes ?
Le 12 Février, après un mois de rude labeur, une attaque est dirigée sur le Bois Sabot. Le 5ème Bataillon doit attaquer le secteur ouest du bois avec deux compagnies en première ligne et deux en soutien. Le 6ème Bataillon étant première réserve à 300 mètres en arrière, doit appuyer le mouvement. A 5 heures 30, nos troupes d’assaut sortent des tranchées magnifiquement entraînées par leurs valeureux officiers. D’un seul bond, les deux compagnies de tête atteignent les tranchées de la lisière sud du Bois. Grisés par leur premier succès, nos braves marchent jusqu’à la deuxième ligne de tranchées et s’en emparent de haute lutte. Les Allemands ne peuvent résister à la poussée irrésistible de nos unités. Il semble, qu’ainsi entraînés, nos hommes ne s’arrêteront plus. Mais on a compté sans le mauvais temps. A 9 heures du matin, en raison d’une abondante chute de neige, l’ordre est donné de s’organiser sur les positions conquises et de s’y maintenir à tout prix. Trois compagnies du 6ème Bataillon doivent venir renforcer le front, en vue de parer aux contre-attaques de l’ennemi. La première section de mitrailleuses s’élance la première pour s’établir dans le Bois Sabot. Le sous-lieutenant. LUCAS, commandant la section tombe mortellement frappé. Les Allemands ont en effet ouvert un feu violent de mitrailleuses dont le tir prend d’enfilade le ravin qui sépare le bois de nos réserves. A la suite de ces pertes, le 6ème Bataillon est arrêté dans son mouvement. Le 5ème Bataillon se trouve donc complètement isolé. L’ennemi en profite pour mener avec vigueur trois contre-attaques avec des forces sans cesse renouvelées. Les deux premières sont anéanties par les feux meurtriers de nos troupes. La troisième, forte de plus d’un bataillon, se prononce venant d’une autre direction. Écrasé par le nombre et sous le feu violent de l’adversaire qui fait usage de bombes et de grenades, le bataillon lutte désespérément. Malgré tous ses efforts, il ne peut empêcher l’ennemi de se rendre maître du bois. Quelques centaines d’hommes, glorieux survivants d’une valeureuse troupe, parviennent à s’échapper par la corne sud-ouest du bois. Le Régiment a perdu 500 hommes. Pertes cruelles hélas ! Mais nos troupes ont été merveilleuses. En dépit de quelques succès partiels et éphémères, l’attaque n’a pas réussi. De nouveau, on s'enterre dans les tranchées boueuses.
Plus d’attaque de grande envergure, mais lutte continuelle et meurtrière de bombes et de grenades. En outre, vu la proximité des tranchées et la précision du tir de l’infanterie dans les créneaux, les pertes sont sérieuses, mais elles se réduisent de plus en plus, grâce à l’aménagement des abris et des tranchées. Guerre déprimante s’il en est une ! Car les adversaires continuellement aux aguets, cherchent mutuellement à se détruire. Pas un moment de tranquillité, pas un instant de repos et il a fallu la ténacité de nos troupes, pour supporter aussi longtemps une guerre aussi pénible. La guerre de mines fait ensuite son apparition. Le 3 Mai 1915, le génie travaillant dans un puits de mine avertit qu’il a touché la boiserie d’une galerie de l’ennemi, et qu’il pourrait se produire une explosion prochaine. Peu de temps après en effet, une explosion, formidable se produit en avant de la tranchée, retournant le parapet sur une trentaine de mètres et ensevelissant une demi-section de la 22ème Compagnie. Superbes de courage et de sang-froid, les sections voisines ouvrent un feu violent sur l’ennemi qui essaie de sortir tandis qu’une équipe de travailleurs construit une nouvelle tranchée. Une reconnaissance faite par le sous-lieutenant COLLARD permet la bonne exécution de ce travail et c’est au cours de cet acte d’héroïsme qu’il tomba mortellement frappé d’une balle à la tête en portant en avant sa section placée en réserve. N’écoutant que son courage et son esprit de camaraderie, le lieutenant FANTON sort de la tranchée pour rechercher le corps de l’officier et le ramener dans nos lignes.
Devant ses essais infructueux, l’ennemi cesse tout mouvement offensif.
Le 5, dans la matinée, une nouvelle explosion se produisit à quelques mètres à gauche de la première, ensevelissant une demi section de la 24ème Compagnie. Une escouade enfermée dans une partie de la tranchée non éboulée, tint jusqu’au soir. Les Allemands ne firent aucune démonstration offensive et ce deuxième entonnoir, dont l’organisation commença aussitôt, resta entre nos mains. Presque journellement, ces mêmes faits se reproduisirent pendants de longs mois et chaque fois de nouveaux actes d’héroïsme s’accomplissaient, ajoutant de nouveaux noms au tableau d’honneur de notre fier régiment.
Le 271ème prend ensuite position dans le secteur dit " Secteur des entonnoirs ". Nul secteur n’a été mieux nommé. Le sol, complètement bouleversé, n'offre aucune sécurité pour les
occupants. Journellement des mines explosent. De quelle ténacité et de quelle patience faut-il que nos hommes soient doués ? Continuellement dans une fiévreuse attente, ils ne peuvent prendre du repos, craignant toujours l’explosion sournoise d’une mine et, par suite, la mort brutale et sans combat, mais non sans gloire.
CHAMPAGNE
Les Marquises - Les Baconnes
Le 20 Septembre 1915, le régiment relève le 115ème dans le secteur des Marquises (Champagne), dont il continue l’aménagement défensif. Pendant un mois, c’est un calme relatif et de chaque côté, on travaille fiévreusement.
Le 19 Octobre, à 7 heures du matin, l’ennemi dirige contre nos positions un bombardement violent effectué par des pièces de tous calibres. Ce bombardement spécialement dirigé sur les positions de 2ème ligne et sur la ferme des Marquises fait prévoir une attaque. Les Allemands envoient, sur la 1ère ligne, des jets de gaz asphyxiants et lacrymogènes. Le 209ème d'infanterie qui se trouve à droite est le premier incommodé. La gêne produite par les gaz oblige ce régiment à dégarnir notre flanc droit ce qui occasionne une poussée inattendue sur le front occupé par les 19ème et 20ème Compagnies commandées par le Capitaine PAVAGEAU et le lieutenant MORIN. Assaillies de toutes parts par un ennemi supérieur en nombre, ces compagnies abandonnent leurs tranchées et les Allemands s’en emparent. Utilisant les boyaux transversaux, ils envahissent les centres de résistance. Nos troupes résistent énergiquement, mais l’influence des gaz les met dans un état d’infériorité manifeste et après une demi-heure de combat, une grande partie de ces défenseurs ont trouvé une mort glorieuse. Le capitaine PAVAGEAU, les lieutenants MORIN et DANIEL sont disparus:
Pendant ce combat, un groupe d’allemands fort d'une demie compagnie descend et attaque le réduit des Marquises défendu par trois sections de la 18ème compagnie sous le commandement du lieutenant AMIEL. Elles résistent et, malgré leurs attaques incessantes, les Allemands ne peuvent s’emparer de cet îlot de résistance.
A 10 heures 1/2, les gaz s’étant un peu dissipés, une contre-attaque vigoureuse est exécutée par la 17ème compagnie commandée par le lieutenant LORTSCH. Nos troupes dans un fougueux élan, bousculent l’ennemi qui s’enfuit dans ses lignes, poursuivi par nos soldats. A midi la situation est rétablie, grâce à l’esprit d’offensive et à l’entrain de notre régiment.
Mais il ne veut pas rester sur un échec aussi coûteux. Le 20, vers 17 heures, Les Allemands se préparent à une nouvelle attaque. Notre artillerie déclanche immédiatement un tir de barrage. Un feu nourri de nos compagnies de première ligne, qui occupent la partie visée par l’ennemi, fait échouer totalement cette attaque.
L’ennemi a subi de grosses pertes et ses attaques sont restées infructueuses.
Après une courte apparition dans le secteur d'Auberive, le régiment étant au repos, un ordre d’alerte arrive le 26 Février. Il relève dans le secteur des Baconnes une division de cavalerie. Dès son arrivée, le régiment poursuit les travaux d’organisation. Il s’agit de tirer parti des enseignements qui découlent de la bataille de Verdun et de rendre le secteur invulnérable à une attaque ennemie éventuelle. On demande au régiment le maximum d’efforts ; les permissions sont supprimées. Le renforcement des défenses accessoires, la fouille d’abris profonds sont poussés très activement.
Le 29 mars, le Colonel reçoit l’ordre de constituer deux compagnies de 150 hommes. Le Colonel avec le drapeau du régiment et les deux compagnies sont embarquées en autos camions, et dirigés sur Châlons pour rendre les honneurs à une remise de décorations. En présence du généralissime Italien CADORNA, le Général JOFFRE remet la médaille militaire au Général De LANGLE de CARY. Les troupes, drapeau déployé, défilent crânement devant les éminents généraux, sous le commandement du Lieutenant-colonel commandant le régiment qui reçoit les félicitations du Général en chef pour la fière allure des hommes.
Après avoir été à l’honneur, ils retournent à la peine. Le travail se pousse activement.
Les forces ennemies opposées au régiment ne sont pas exactement connues. Le commandement décide de tenter un coup de main pour s’emparer de vive force d’un poste ennemi. L’exécution est confiée aux lieutenants de GUERDAVID et de CARNE, qui réunissent 50 volontaires, fantassins et cavaliers. Après une étude minutieuse de l’opération et une répétition préliminaire, une première tentative est faite dans la nuit du 4 au 5 Mai. La présence de la reconnaissance est éventée par une sentinelle ennemie et nos troupes doivent se replier dans nos lignes.
L’opération est reprise dans-la nuit du 5 au 6. La patrouille se heurte à une sentinelle ennemie qui s’enfuit poursuivie par le lieutenant de CARNE. Une chute malencontreuse de ce dernier permet à la sentinelle de s’échapper. La patrouille poursuit son chemin et s’élance à l’assaut du poste ennemi. Après une vive fusillade, le poste s’enfuit, mais l’obscurité ne permet pas de s’emparer des occupants. Le courage de ces volontaires n’avait donc pas eu les résultats escomptés, mais nos hommes montraient une fois de plus qu’ils n’avaient rien perdu de leurs belles qualités.
Par ordre du Général Commandant en Chef la 60ème Division, dont fait partie le 271ème doit avoir désormais la même composition que les autres divisions actives d’infanterie parmi lesquelles elle a déjà été jugée digne de prendre rang. La dissolution du 271ème est prononcée le 10 juin 1916, le 5ème Bataillon est versé au 247ème et le 6ème au 248ème.
Les bataillons auront à coeur, dans leurs nouveaux régiments, d’affirmer hautement, par leurs qualités de vaillance, de ténacité et d’abnégation, leur attachement à leurs chers drapeaux, dont les plis continueront à porter le souvenir de leurs exploits et sauront enregistrer la part qu’ils ont prise à la Victoire.
CITATIONS DU 271ème RÉGIMENT D'INFANTERIE
ASTIER, Capitaine. Le 10 Août 1914, au combat de Guincourt, par une manoeuvre habile de sa compagnie, qu’il conduisait avec sang-froid, esprit de décision et de bravoure, permit à la compagnie d'avant-garde de se dégager d’une situation périlleuse.
PRAT, soldat mitrailleur. Blessé d’une balle à la nuque le 30 Août à Guincourt, continue pendant deux jours son service sans vouloir se faire panser.
MARTIN, soldat. Ayant le bras droit traversé d’une balle le 30 Août, a continué de marcher et de porter son sac, ne s'est fait soigner que le 6 Septembre, estimant que sa blessure ne l’autorisait pas à interrompre son Service.
DEPRET, sergent. Étant malade et pouvant être exempté de service pour ce motif, a tenu à conduire au feu sa demi section au combat de Saint-Lignan. A entraîné énergiquement ses hommes jusqu’au moment où il a été grièvement blessé au maxillaire inférieur.
KERNIVIEN et LAURENT, caporaux. N’ont pas hésité le 31 octobre 1914 à traverser en plein jour sous un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses, un glacis découvert pour aller chercher les corps de leurs deux officiers et les ramener dans la tranchée.
AUBIN, médecin aide-major. Pendant le combat du 31 Octobre devant le moulin de Souain, a montré beaucoup de bravoure lors de la constitution du refuge de blessés et de l’organisation de la relève. A conduit lui-même en plein jour, ses brancardiers dans les premières tranchées donnant ainsi un bel exemple de courage.
BOYET Félix, sergent. Le 25 Novembre 1915, s’est élancé courageusement à la tête de ses éclaireurs qui, tous, sauf un, ont été tués par les mitrailleuses ennemies. Sans se laisser intimider par ces pertes, est arrivé aux défenses accessoires de l’ennemi et n’a rejoint sa compagnie qu’après sa mission terminée, ramenant avec lui, le seul homme qui lui restait, et qui lui-même était blessé.
THEVENIN, lieutenant. Le 26 Septembre, blessé au début de l’après-midi, est resté avec ses hommes qu’il a maintenus sous un feu violent jusqu’au soir. N’a consenti à sortir de la tranchée qu’à 19 heures.
GILBERT Alexis, soldat. Désigné pour reconnaître des passages à travers les défenses accessoires de l’ennemi le 25 Septembre 1914, est sorti le premier des tranchées entraînant à sa suite le reste des éclaireurs. A atteint avec son caporal les réseaux de fil de fer ennemis alors que tous ses camarades de la patrouille tombaient tués et blessés, et n’est rentré dans les tranchées blessé d’une balle à l’épaule qu'après avoir accompli sa mission.
ALLEGRINI Sébastien, adjudant, 1ère section de mitrailleuses. A fait preuve de courage et de sang-froid en essayant de remplir la mission qui avait été confiée à son Lieutenant tué à côté de lui ; sous une grêle de balles qui hachaient ses vêtements et son équipement, il continua à se diriger sur les tranchées ennemies. Les porteurs de la mitrailleuse ayant été tués, a rapporté lui-même sa mitrailleuse après être resté plusieurs heures dans la plaine sous un feu meurtrier.
LE LAGADEC, soldat de 2ème classe, infirmier. Au mépris de tous les dangers est allé de la ligne de feu, sous les balles et la mitraille, ramasser des blessés à plusieurs reprises.
PRUD’HOMME, Sergent. S’est porté courageusement au secours de son lieutenant mortellement blessé et a ramené son corps dans nos lignes sous une grêle de baltes.
BARON Auguste, Capitaine. A conduit avec intrépidité sa compagnie à l’assaut de la position ennemie, en a enlevé les premières tranchées, est tombé mortellement frappé d’une balle au front au moment où il entraînait à nouveau sa compagnie sur les tranchées de deuxième ligne ennemie.
LE BOURHIS Jérôme, soldat. S’est précipité dans un abri de mitrailleuses ennemies avec un adjudant et l’a aidé à s’emparer d’une pièce et à tuer ou capturer les servants.
LE MORVAN PIERRE, soldat à la 23ème compagnie. Avec un sang-froid remarquable a reconstruit, sous un feu continuel et à 20 mètres de l’ennemi, un poste de sentinelle démoli par le bombardement ; tout en travaillant, répondait coup sur coup aux grenades à main que lui lançait l’ennemi donnant ainsi à tous ses camarades le plus bel exemple de courage et d’énergie.
DE CARNÉ Christian, sous-lieutenant. Première citation : Officier dont la conduite devant l’ennemi soulève l’admiration de tous. D’une incomparable bravoure, a assuré la protection efficace d’une troupe chargée de l’exécution d’un travail sous le feu violent des mitrailleuses ennemies et s’est retiré le dernier après l’accomplissement de sa mission.
Deuxième citation : A la tête d’une patrouille, a franchi le réseau allemand, s'est jeté sur un petit poste qui a pu lui échapper dans l’obscurité, est allé ensuite se placer en embuscade, en arrière d’un autre poste à l’intérieur des lignes allemandes, décelé par une fusée, a attaqué et mis en fuite à la baïonnette le poste ennemi. Intrépide officier, déjà cité à l'ordre de l’armée.
: A la tête d’une patrouille, a franchi le réseau allemand, s'est jeté sur un petit poste qui a pu lui échapper dans l’obscurité, est allé ensuite se placer en embuscade, en arrière d’un autre poste à l’intérieur des lignes allemandes, décelé par une fusée, a attaqué et mis en fuite à la baïonnette le poste ennemi. Intrépide officier, déjà cité à l'ordre de l’armée.HERRY PIERRE, caporal, 19ème compagnie. Étant malade et en traitement au poste de secours a demandé énergiquement au Médecin de le laisser partir au feu au moment où une attaque ennemie se produisait sur notre front, et par son attitude résolue, énergique et courageuse, a entraîné avec lui quelques hommes également en traitement.
CASTETS, sous-lieutenant, 19ème compagnie. A fait preuve d’un grand sang-froid au moment où sa compagnie était sous l’action des gaz délétères ; a rallié autour de lui tous les hommes qu’il a pu et a effectué avec l’aide d’une fraction voisine, une contre-attaque qui nous a permis de rentrer en possession de notre première ligne.
ADAM André, soldat, originaire de Donchéry (Ardennes). Le 26 Août 1914, lors du combat de Donchery, a transporté au poste de secours un homme grièvement blessé de la 22ème compagnie en gravissant une pente très escarpée au Château de la Croix-Piot. S’est présenté aux officiers, leur disant : " Donnez-moi un fusil, les Allemands viennent de fusiller mon père, je veux le venger. " A suivi le régiment, où il s’est engagé pour la durée de la guerre. A toujours été très bon soldat et s’est toujours signalé par sa bravoure et son entrain.
CAVELIER Alexandre, Georges. Joseph, inscrit maritime, caporal. Excellent gradé qui, en maintes circonstances s’est signalé par son zèle et son courage. Le 23 Octobre 1915, a été blessé grièvement d’une balle à la poitrine, au moment où il approchait d’un créneau pour reconnaître l’emplacement d’un périscope ennemi que venait de lui signaler un guetteur placé par lui dans un poste d'écoute.
LORITON Léonce, soldat à la 17ème compagnie. Le 19 Octobre 1915, a fait preuve d’un courage et d’un esprit de dévouement absolu en exécutant dans un bois envahi par les gaz asphyxiants, avec quatre de ses camarades et sans gradé, une reconnaissance dont le résultat a permis de déclancher une contre-attaque qui nous a fait rentrer en possession de notre première ligne.
KERVEILLON Michel, soldat à la 18ème Cie. ; NAHELLEC Guillaume, soldat à la 19ème Cie; TROALEN François, soldat à la 20ème compagnie ; LE DENMAT Louis, soldat à la 20ème compagnie : " Même motif ".
JAOUEN Pierre-Marie, soldat à la 23ème compagnie : Excellent soldat, plein d’entrain et de courage, en particulier le 26 Août 1914, s’est offert comme volontaire pour aller ravitailler en munitions sur la ligne de feu une compagnie du régiment. A accompli sa mission sous un feu violent et est resté ensuite sur la ligne de feu avec ses camarades engagés.
HOUPIN Louis, sergent à la 17ème compagnie. Excellent sous-officier sur le front depuis le début de la campagne; A fait preuve en maintes circonstances de beaucoup d’allant et de bravoure. Le 25 Novembre 1914, s’est élancé courageusement à la tête de ses éclaireurs pour aller reconnaître, sous un feu violent de mitrailleuses, les brèches faites par notre artillerie dans les défenses accessoires ennemies. A été grièvement blessé. Impotence fonctionnelle de la main droite.
CLÉRET DE LANGAVANT Joseph, Chef de Bataillon. Malgré ses 57 ans, malgré une grave blessure, malgré les pensées d’un père ayant 6 fils au front, dont 2 tués à l’ennemi, est resté 19 mois sur la brèche, donnant jusqu’à épuisement de ses forces, l’exemple des plus hautes vertus militaires.
: A la tête d’une patrouille, a franchi le réseau allemand, s'est jeté sur un petit poste qui a pu lui échapper dans l’obscurité, est allé ensuite se placer en embuscade, en arrière d’un autre poste à l’intérieur des lignes allemandes, décelé par une fusée, a attaqué et mis en fuite à la baïonnette le poste ennemi. Intrépide officier, déjà cité à l'ordre de l’armée.
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