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Historique du 120ème Bataillon de Chasseurs à Pieds (BCP)

1915

1er – 13 avril 1915. – Constitution de la 151ème Division au camp de Mailly auquel est affecté le 120ème B.C.P.

3 – 17 avril 1915. - Transport de la DI. ( réduite à la seule 301e brigade ), par VF, dans la région de Longueau, puis repos dans celle de Querrieu. Le 16 avril, arrivée de la 302e brigade reconstituée.

 

17 avril – juin 1915. – Mouvement vers le front et occupation d’un secteur vers Fricourt et Carnoy : Guerre de mines au bois Français et à Carnoy.*

JMO

BATAILLES

Verdun

« Le 6 juin 1916, nous embarquons à Pont-Saint-Vincent. On parle d'une offensive dans la Somme. Les « tuyaux » se multiplient. Il n'est pas jusqu'au nombre des boites de singe qui ne serve à supputer la longueur du trajet, car nous sommes, comme à chaque déplacement, surchargés de vivres.

 

Nous débarquons à Ligny-en-Barrois. C'est Verdun.

 

La grande route est sillonnée d'incessants convois. Des troupes relevées passent en chantant. La chanson est pour le poilu, l’oubli, la détente morale, presque le bonheur. On chantait dans les camions de Verdun.

 

Le 13 juin, à 9 h. nouvel embarquement en camions. Nous roulons sur la grande route de Verdun, l'artère puissante, constamment entretenue qui alimente toute la grande bataille. De nuit et de jour, c’est un défilé incessant de camions, d'autos et de motos lancées à toute allure dans les deux sens. Les fantassins et les voitures empruntent des pistes qui font largement déborder la route à droite et à gauche dans les champs.

 

Nous arrivons au bois de Nixeville sous une pluie battante qui ne cessera pas de la journée. Il faut bivouaquer là. Les chasseurs grattent la boue épaisse et s'abritent comme ils peuvent sous leur toile de tente.

 

Le 14 juin à 6 h. 15, le Bataillon part pour la Citadelle de Verdun. Il en repart à 19 heures, passe par Belleville, suit quelque temps la route de Bras et prend ensuite le boyau parallèle à la route. Il y a de l'eau jusqu'a la ceinture pour les petits et jusqu'au genou pour les autres. Des guides prennent les Compagnies à la Ferme de la Folie et les conduisent à leurs emplacements.

 

Le 120e relève des éléments du 403e R. I. dans ce qui fut le Bois d'Haudromont et la partie Ouest du Bois Nawé. A droite est le 106e Chasseurs, à gauche, le 78e R. I.

 

Nous sommes provisoirement rattachés à la 21e D.I. et au groupement du Général Nollet.

 

L'artillerie est très active, les tranchées et boyaux, constamment bouleversés par un bombardement de gros calibre. Malgré tout le dévouement apporté par les corvées, le ravitaillement est précaire. La soupe, qu'il faut aller chercher très loin, sous les obus, n'arrive qu'au petit jour. Elle est froide et doit être mangée aussitôt : quelques heures plus tard, elle serait avariée. Les hommes souffrent beaucoup de la soif.

 

Pas de fil de fer, aucun obstacle en avant des lignes. Le Bataillon est en alerte constante et reçoit des feux de front et de flanc. Dans la soirée du 15, le 106e B.C.P. qui tient la droite, vers Thiaumont, est attaqué. L'ennemi, après une violente préparation d'artillerie, réussit à lui prendre un élément de tranchée. A la demande du Commandant du 106e, un peloton de la 6e Compagnie (Lieutenant Destremeau), en réserve du 120e, part à 21 h. 30 sous un tir de barrage pour contre-attaquer, mais le 106e parvient à rétablir sa situation.

 

Le 17 juin, à la suite d'une vigoureuse préparation d'artillerie, le 106e B.C.P., appuyée d'éléments du 358e R.I., ayant à sa disposition la 6e et la 2e C.M. du 120e, attaque les tranchées ennemies des «  Trois Centres », « d'Ypres » et des « Sapeurs ».

 

L'opération réussit parfaitement à gauche, moins bien à droite. Une partie des objectifs est totalement atteinte en quelques minutes et le 106e fait 24 prisonniers du 73e Bavarois, qui passent au P.C. 120e vers midi. Toutefois, les nouvelles positions du 106e, soumises à un violent et continuel marmitage, sont intenables; et doivent être évacuées.

 

Notre artillerie, le 18 juin, fait un tir lent et continu sur les ravins de la Dame et de la Couleuvre, qui sont les cheminements préférés de l’ennemi ; de son côté, l'Allemand bombarde incessamment nos tranchées avec des 105 et 150. Des avions règlent le tir. La plupart des boyaux sont démolis.

 

Cependant, l'artillerie française semble avoir une supériorité marquée.

 

Impression contraire en ce qui concerne l’aviation. Les appareils de l'ennemi, par trente à la fois, tiennent l’air constamment, survolant bas nos positions.

 

Dans la journée du 22 juin, les Allemands envoient une grande quantité d'obus asphyxiants. Le 23, à 3 h. 45, un allemand du 10e Bavarois est fait prisonnier par la 4e compagnie. Interrogé, il prétend que sept divisions allemandes doivent attaquer à la pointe du jour, en direction générale de Thiaumont.

 

Immédiatement, le Chef de Bataillon alerte le 120e, transmet le renseignement au 40e R.I. à gauche, au 359e R.I. à droite.

 

Une diversion est tentée sur la 2e compagnie du 120e B. C. P. ; accueillie par les mitrailleuses, elle est contrainte de se terrer.

 

A 8 heures, nous apprenons que l’attaque allemande est déclanchée sur Thiaumont ; de nombreux renforts ennemis arrivent par le Ravin de la Couleuvre.

 

A 10 h. 30, le Lt-colonel Mellier, commandant le 359e, envoie ce renseignement grave :

 

« Le 359e et le 65e, additionnes d'éléments du 297e d'Infanterie, tiennent toujours leurs emplacements. Immédiatement à droite, le front a été percé et le 121e bousculé. L'ennemi a progressé sur la crête de Thiaumont, probablement au Sud de l'ouvrage. Si une contre-attaque ne rétablit pas les choses sur la côte de Froideterre, notre droite est complètement tournée... »

 

Des prisonniers des 114e et 121e B. C. P., 297e et 65e R. I., comptant parmi eux beaucoup de blessés, passent dans le Ravin de la Dame, se dirigeant vers Douaumont, précédés par deux allemands.

 

Arrives près des Carrières, occupées par la 2e compagnie, ils sont appelés, par le lieutenant Houplon et rentrent dans nos lignes avec leurs gardiens, qui sont, à leur tour, fait prisonniers.

 

Le 120e constamment alerté, est soumis à un bombardement intense. Les deux sections de mitrailleuses, placées dans le Ravin de la Dame, aux extrémités du boyau Levolh, tirent sans arrêt sur les combattants ennemis. Elles en abattent un grand nombre, mais deviennent un objectif d'artillerie. Un obus de gros calibre enfonce un abri, ensevelissant à jamais les lieutenants Bailly, Rognon, Gizor et Rochefort.

 

La très grande activité de l’artillerie allemande se poursuit le 24 juin. L'ennemi remarque la moindre terre remuée et la bombarde sans interruption, ne voulant permettre aucune amélioration de la position.

 

L'artillerie française exécute des tirs de barrage sur les Ravins de la Dame, de la Couleuvre et les pentes de Douaumont. Fusillades intermittentes sur la droite, vers Thiaumont, où la situation est critique.

 

Mouvements incessants de troupes ennemies sur les pentes de Douaumont.

 

Les bombardements diminuent un peu d'intensité, puis reprennent le 1er, juillet, appuyés par une aviation très active.

 

Dans la nuit du 4 juillet, le 120e B. C. P. est enfin relevé par le 58e R. I.

 

Le 8 juillet, à Ligny-en-Barrois, un service solennel est célébré en présence de l'Evêque de Verdun, en mémoire des braves de la 129e Division morts au champ d'honneur ».

 

G. RAOUL

 

Ancien du 120e B. C. P.

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